jeudi 16 octobre 2008

Détroit : sous la rouille, l'espoir

Voici un article que j'ai écrit il y a quelques jours après de la campagne présidentielle américaine pour le journal de Sciences Po Aix, "L'Aixhaustif". J'étais limité à 2000 caractères donc c'était très bref pour traiter le sujet : mes impressions sur la campagne présidentielle.

Ce week end, c'est le fall break, je serais à New York et peut etre je bloguerai. Tiens, j'aime bien cette photo du dernier débat, elle illustre bien la situation de McCain même s'il cherchait en fait à serrer la main du présentateur


Ann Arbor, siège de l'Université du Michigan est à bien des égards une sorte de presque-île dans cet état industriel en crise de la Rost Belt,la ceinture de la rouille. Bastion démocrate, elle a vu naitre pêle-mêle Iggy Pop, le mouvement des maisons coopératives étudiantes, l'Affirmative Action dans les universités, les Peace Corps- une agence gouvernementale créée par Kennedy agissant pour la paix dans le Tiers Monde. Militer ici pour Barack Obama revient à prêcher chez les convaincus. Pas moyen de marcher 50 mètres sur le campus sans se faire arrêter par un volontaire chargé d' enregistrer sur les listes électorales de nouveaux électeurs potentiels.

Côté McCain, sur le campus, on se fait plus discret. Les quelques républicains que j'ai rencontré penchent pour McCain par tradition, l'identification partisane ou fameux paradigme de Michigan (cf cours de science politique de Traini). Sarah Palin les a définitivement discrédités. Ses rêves de «shining cities on a hill », son identification aux « hockey mum », ces mères au foyer qui accompagnent leurs enfants au sport, font plus rire qu'attirer l'électeur étudiant.

La réalité de cette campagne, je l'ai vue lors d'un meeting de Barack Obama à 40 km d'ici à Détroit, la ville la plus pauvre des États Unis. Se promener dans la Motown a un petit côté civilisation disparue. Les buildings à l'architecture extravagante ont pour beaucoup des étages vides, tagués , aux vitres cassées. Des métros vides, des égouts mal entretenus et de sympathiques odeurs, rappellent la crise de l'industrie automobile et ses nouveaux pauvres. Certains quartiers commencent même à être rattrapés par la foret, inhabités. Mais en ce jour de fête du travail où les syndicats défilent, le coeur de la ville reprend vie. Les militants d'Obama sont venus par milliers voir leur idole, beaucoup d'Afro-Américains qui reprennent espoir en la politique. Religieusement, ils chantent avec ferveur « Yes we can! ». Les t-shirt Obama , certains kitsch en paillettes avec une photo du couple Obama s'enlaçant, me rappellent les fans de Johnny plutôt que des militants. Un quart de discours m'ont suffi à constater l'admiration et l'espoir que portent les classes populaires désespérées de Détroit pour le candidat démocrate.

4 commentaires:

caro a dit…

Bisous d'argentine

Eric di Meco a dit…

McCain c'est le Maxime Mery de la Sun Belt

Jorge a dit…

Te quiero mucho mas que el ramon, el ramon eres no casher

Soisson a dit…

Auxerre: dans les prés, les paysans