lundi 29 septembre 2008

Voyage en Récession

J'entame une nouvelle partie de mon voyage aujourd'hui, je pars en Récession. La Récession est une terre plutot aride, dont les fruits sont moins abondants qu'à l'accoutumée. Ces habitants basculent du pays de Cocagne à la pauvreté en quelques minutes, au guise d'un vote de la Chambre des Représentants mais aussi et surtout des négligences et l'insouciance de quelques dirigeants qui ont laissé s'établir un système bancaire n'ayant que le très court terme au bout de sa lorgnette.

La Récession semblait etre une terre bien lointaine, il y a très peu de temps. Elle n'avait pas envahie le pays de l'Oncle Sam depuis les annés 30 mais depuis qu'elle avait été repoussée au prix de millions de morts et d'une guerre mondiale, beaucoup la voyait comme une terre inhabitée et définitivement oubliée. Tel le fort Bastiani dans Le Désert des Tartares de Dino Buzati, les sentinelles des banques fédérales se sont endormis dans la prospérité et ont laissé pourir le système financier. Si bien que les Tartares ont pu se reconstituer et inflitrer le sytème financier mondial, et voilà que tout le monde se prend d'intéret pour une perspective oubliée : que la prospérité ne tombe pas du ciel, que le système est fragile et repose sur une gestion inégale des ressources de la planète.

Au Pays de Cocagne, on garde confiance dans l'avenir, en tout cas ici dans le Michigan. Que les chaines de télé sombrent dans la paranoia, les Américains ne les suivent pas. Ils gardent, de ce que j'ai vu, une forme de confiance dans l'avenir, dans leur Destinée Manifeste. Vendredi soir, le débat devait porter sur l'état de l'économie mondiale mais les deux candidats semblaient plutot d'accord sur leurs analyses et sur le plan Paulson. Alors, après avoir débattu des taxes pour les plus riches et du système d'assurance maladie pour tous où leurs points divergent, les deux candidats ont préferé débattre de relations internationales, de la guerre en Iraq là où la confrontation était la plus forte. L'avenir me dira si le pessimisme va se répandre ici. Peut etre mon optimisme vient du fait que c'est ici meme, à l'Université du Michigan, qu'une poignée d'économistes déterminent la confiance des ménages américains.

Dans ma maison, la crise on préfère en rigoler. Samedi soir, le thème de la soirée à Owen c'est La Grande Dépression, parce qu'on pensait que ca n'arriverait qu'une fois.

Il y a quelques jours, je disais à mon père que la crise dans un sens était salutaire, qu'elle avait de bons cotés pour assainir le système financier (lire cet article de Rue 89, encore eux la dessus) et que peut etre il faudrait peut etre laisser faire la main invisible. C'était avant de voir l'ampleur de la crise, et surtout avant de découvrir que ma santé est assurée chez AIG!
Le refus du plan Paulson ne me parait pas une bonne perspective même si à un moment les banques doivent bien prendre les responsabilités de leurs légèretés.

4 commentaires:

un ami qui s'inquiète a dit…

sam...

Schtroumpfette a dit…

Amour, mais tu te prends pour Loulou, t'es trop chou.
Quelle belle preuve d'amour en ce 29 septembre !

Non sérieux, très bien !
Et t'as un ami qui s'inquiète !
Tchitchou ! UUUUUUH

Samuel Goëta a dit…

Un ami qui s'inquiète est avant tout un ami!! Youpi j'ai des amis!!!

Anonyme a dit…

salut sami, c'est vanessa un petit coucou du vieux continent