
Alors que la dégringolade de la presse quotidienne se poursuit, Libération vient de publier aujourd'hui la nouvelle version de son site web. Avec une chute de 8,6% de ses ventes, le quotidien n'avait d'autre piste pour son salut que de miser sur le web comme l'ensemble des "médias mourants" pour paraphraser Thibaut Thomas.
Cette nouvelle présentation de Libé ne me convainc pas vraiment. Il me semble que le site du Figaro a largement influencé cette modification. La concurrence s'accroit dans le marché de la presse quotidienne en kiosque et en ligne. Grisé par les récents succès du journal de Serge Dassault (1er quotidien national en septembre et surtout premier site d'info en ligne depuis juin), Libé a cherché sans succès à copier leurs petits camarades du Figaro.
Cette nouvelle présentation de Libé ne me convainc pas vraiment. Il me semble que le site du Figaro a largement influencé cette modification. La concurrence s'accroit dans le marché de la presse quotidienne en kiosque et en ligne. Grisé par les récents succès du journal de Serge Dassault (1er quotidien national en septembre et surtout premier site d'info en ligne depuis juin), Libé a cherché sans succès à copier leurs petits camarades du Figaro.
Rue 89 cartonne?, format blog pour tout le monde!
Lutte des classes oblige, le bleu domine le Figaro, le rouge chez Libé. Aux Etats Unis, c'est l'inverse : bleu démocrate - rouge républicain. Mais le parallèle gauche droite n'a pas vraiment de sens ici, je penserai plutot comme Noam Chomsky, qu'ils constituent 2 "factions" d'un meme parti qui sur le plan économique, ne divergent de très peu (en témoigne l'accord Obama-Mc Cain sur le plan Paulson de 700 milliards de $) .
Revenons en à nos journaux, la présentation est très similaire : un article mis en avant occupe la majeure partie de la page d'accueil. A mon avis, cela revient à vouloir faire des sites d'information de la presse quotidienne des portails plus généralistes pour un public souhaitant avant tout connaitre les gros titres. C'est la logique de ces deux pages et personnellement, ca me decoit un peu.
Les gros titres tout le monde peut les trouver en un minimum de temps entre les dépeches d'actualités, Google Actu, les flux RSS, la radio, la télé, les alertes actu et tutti quanti. Dans le monde de l'information overload, ce que je réclame d'un site d'information, c'est une véritable valeur ajoutée : de l'analyse, des reportages, les infos qui ne sont pas passés dans le filtre médiatique. En bonus, on est aggrémenté de vidéos courtes et analytiques ou des reportages comme sur le site du New York Times (pour moi une des plus réussies mutations de la presse traditionnelle en ligne). Là encore,palme à Rue 89 : multimédia (la vidéo complete les articles ou apporte un vrai plus - on ne peut pas toujours regarder une vidéo : ca prend du temps ne serait ce qu'à charger sur des faibles configurations, le texte va plus vite à lire ou zapper), un contenu véritablement original et non de la paraphrase de dépeches AFP (du journalisme en somme), un site hautement participatif et pas seulement focalisé sur l'actualité franco-francaise. Rue89 n'en oublie pas le local avec Rue89 Marseille qui me permet d'avoir quelques infos locales sur la Provence et aussi les conséquences locales d'évenements nationaux voire internationaux (comme dans le cas de cet article sur les conséquences de la failite de Lehman Brothers sur la rénovation de la rue de la République a Marseille).
Ahhh c'était mieux avant sur Libé, pourquoi? Ce que j'aimais beaucoup sur l'ancien Libé, c'était la richesse de la page d'accueil. On pouvait trouver plein d'infos qui sortaient de l'ordinaire des dépeches et de l'agenda médiatique. Le format 3 colonnes était assez bien concu, de sorte qu'on reconnaissait bien les différentes catégories du journal (éco Monde, Politique, Ecrans...). C'est assez dur de réussir ce genre de format en webdesign (si le sujet vous intéresse, voici un site qui compare les avantages et inconvénients de quasiment tous les formats de webdesign. ). La page d'accueil est interminable : pour aller vers l'info plus originale, en bas du site, je dois scroller environ 5 ou 7 fois. Point positif : j'aime bien le nouveau bas de page avec la partie mag et les petites catégories (le chiffre, la femme, l'homme, l'histoire du jour) mais c'était plus graphique et joli dans l'ancien. Le site est un peu plus sobre, c'est la nouvelle tendance du web orienté contenu. C'est le sens de la dernière évolution du site du Monde qui en avait bien besoin tant sa présentation était fouillie et nous faisait crouler sur les articles.
Quel est le point commun cette semaine entre Libé et les Inrocks (en ligne bien sur)? La page d'accueil est envahie par la pub.
En images :
Revenons en à nos journaux, la présentation est très similaire : un article mis en avant occupe la majeure partie de la page d'accueil. A mon avis, cela revient à vouloir faire des sites d'information de la presse quotidienne des portails plus généralistes pour un public souhaitant avant tout connaitre les gros titres. C'est la logique de ces deux pages et personnellement, ca me decoit un peu.
Les gros titres tout le monde peut les trouver en un minimum de temps entre les dépeches d'actualités, Google Actu, les flux RSS, la radio, la télé, les alertes actu et tutti quanti. Dans le monde de l'information overload, ce que je réclame d'un site d'information, c'est une véritable valeur ajoutée : de l'analyse, des reportages, les infos qui ne sont pas passés dans le filtre médiatique. En bonus, on est aggrémenté de vidéos courtes et analytiques ou des reportages comme sur le site du New York Times (pour moi une des plus réussies mutations de la presse traditionnelle en ligne). Là encore,palme à Rue 89 : multimédia (la vidéo complete les articles ou apporte un vrai plus - on ne peut pas toujours regarder une vidéo : ca prend du temps ne serait ce qu'à charger sur des faibles configurations, le texte va plus vite à lire ou zapper), un contenu véritablement original et non de la paraphrase de dépeches AFP (du journalisme en somme), un site hautement participatif et pas seulement focalisé sur l'actualité franco-francaise. Rue89 n'en oublie pas le local avec Rue89 Marseille qui me permet d'avoir quelques infos locales sur la Provence et aussi les conséquences locales d'évenements nationaux voire internationaux (comme dans le cas de cet article sur les conséquences de la failite de Lehman Brothers sur la rénovation de la rue de la République a Marseille).
Ahhh c'était mieux avant sur Libé, pourquoi? Ce que j'aimais beaucoup sur l'ancien Libé, c'était la richesse de la page d'accueil. On pouvait trouver plein d'infos qui sortaient de l'ordinaire des dépeches et de l'agenda médiatique. Le format 3 colonnes était assez bien concu, de sorte qu'on reconnaissait bien les différentes catégories du journal (éco Monde, Politique, Ecrans...). C'est assez dur de réussir ce genre de format en webdesign (si le sujet vous intéresse, voici un site qui compare les avantages et inconvénients de quasiment tous les formats de webdesign. ). La page d'accueil est interminable : pour aller vers l'info plus originale, en bas du site, je dois scroller environ 5 ou 7 fois. Point positif : j'aime bien le nouveau bas de page avec la partie mag et les petites catégories (le chiffre, la femme, l'homme, l'histoire du jour) mais c'était plus graphique et joli dans l'ancien. Le site est un peu plus sobre, c'est la nouvelle tendance du web orienté contenu. C'est le sens de la dernière évolution du site du Monde qui en avait bien besoin tant sa présentation était fouillie et nous faisait crouler sur les articles.
Quel est le point commun cette semaine entre Libé et les Inrocks (en ligne bien sur)? La page d'accueil est envahie par la pub.
En images :
L'avantage de ce genre de campagnes pour les publicitaires, le visiteur ne peut en aucun cas louper son message : des produits de beauté pour homme ou des sacs de luxe ici. Sur Libé, l'oeil est attiré parce que, mannequin aidant, c'est plutot joli ; du coté des Inrocks, la pub grapille sur le contenu du site.
Dans ces cas de produits de luxe ou semi-luxe, c'est intéressant puisque leur communication fonctionne d'abord au martonnage visuel de la marque pour que le client voit le logo associé dans son esprit à une image positive, classe et de préférence sexy.
Pour vendre des yahourts, des voitures ou des ordinateurs, on cherche à convaincre le chaland que son produit est le meilleur et qu'il lui apportera enfin le bonheur qu'il cherche déseperement, rien de nouveau sous le soleil. Pour cela, la pub ne doit pas trop perturber votre temps de cerveau disponible. Il est très désagréable d'etre arreté dans sa navigation, ce qui vous rend hostile au message publicitaire. Allociné est un spécialiste de ses publicités "disruptives", qui vous oblige à trouver la parade pour quitter la page de pub et au final, vous écarte du messafe publicitaire.
Ainsi, pour etre viable, la presse en ligne se doit de s'adapter aux exigences des nouveaux médias. Il ne s'agit pas de dupliquer un journal dans un site web mais de tirer profit d'une expertise reconnue en presse écrite pour se constituer en site de référence dans la jungle ddu web. Beaucoup d'exigences nouvelles : etre innovant, multimédia, ouvert aux lecteurs par la participation et la contribution.
Le nouveau site de Libé est à ce titre, une semi réussite : le format blog est trop contraignant. Il ne s'adapte pas toujours aux exigences de certains lecteurs qui sont surtout intéressés par d'autres contenus, et non seulement les gros titres. C'est la logique de notre génération (génération Y?) qui préfère sélectionner son info et ses sources. On arguera que beaucoup d'entre nous ne passent plus par la page d'accueil et ne quittent plus leur aggrégateur RSS favori (non-geek, te voila largué).
Pour en finir, sur la pub en ligne, je voulais évoquer les pubs Apple sur le site du New York Time qui sont à mon avis extrêmement réussies et innovantes, voici la dernière :
Le son est par défaut désactivé, ce qui ne perturbe pas nécessairement le visiteur. Les réussites de cette campagne : le coté humoristique, l'emploi excellent de l'espace publicitaire et l'intégration dans le site. Il faudrait faire des études mais je pense que les taux de pénétration du message (je n'y connais pas vraiment grand chose en marketing alors n'hésitez pas à commenter pour donner les termes exactes ou me corriger) "passer au mac"(ce que je viens de faire) sont très élevés. C'est avec de l'innovation, de l'audace et des idées que la presse en ligne pourra trouver son modèle économique.
Voir aussi :
- "Leopard is not better than vista" et autres vidéos affiliés dans YouTube
Dans ces cas de produits de luxe ou semi-luxe, c'est intéressant puisque leur communication fonctionne d'abord au martonnage visuel de la marque pour que le client voit le logo associé dans son esprit à une image positive, classe et de préférence sexy.
Pour vendre des yahourts, des voitures ou des ordinateurs, on cherche à convaincre le chaland que son produit est le meilleur et qu'il lui apportera enfin le bonheur qu'il cherche déseperement, rien de nouveau sous le soleil. Pour cela, la pub ne doit pas trop perturber votre temps de cerveau disponible. Il est très désagréable d'etre arreté dans sa navigation, ce qui vous rend hostile au message publicitaire. Allociné est un spécialiste de ses publicités "disruptives", qui vous oblige à trouver la parade pour quitter la page de pub et au final, vous écarte du messafe publicitaire.
Ainsi, pour etre viable, la presse en ligne se doit de s'adapter aux exigences des nouveaux médias. Il ne s'agit pas de dupliquer un journal dans un site web mais de tirer profit d'une expertise reconnue en presse écrite pour se constituer en site de référence dans la jungle ddu web. Beaucoup d'exigences nouvelles : etre innovant, multimédia, ouvert aux lecteurs par la participation et la contribution.
Le nouveau site de Libé est à ce titre, une semi réussite : le format blog est trop contraignant. Il ne s'adapte pas toujours aux exigences de certains lecteurs qui sont surtout intéressés par d'autres contenus, et non seulement les gros titres. C'est la logique de notre génération (génération Y?) qui préfère sélectionner son info et ses sources. On arguera que beaucoup d'entre nous ne passent plus par la page d'accueil et ne quittent plus leur aggrégateur RSS favori (non-geek, te voila largué).
Pour en finir, sur la pub en ligne, je voulais évoquer les pubs Apple sur le site du New York Time qui sont à mon avis extrêmement réussies et innovantes, voici la dernière :
Le son est par défaut désactivé, ce qui ne perturbe pas nécessairement le visiteur. Les réussites de cette campagne : le coté humoristique, l'emploi excellent de l'espace publicitaire et l'intégration dans le site. Il faudrait faire des études mais je pense que les taux de pénétration du message (je n'y connais pas vraiment grand chose en marketing alors n'hésitez pas à commenter pour donner les termes exactes ou me corriger) "passer au mac"(ce que je viens de faire) sont très élevés. C'est avec de l'innovation, de l'audace et des idées que la presse en ligne pourra trouver son modèle économique.
Voir aussi :
- "Leopard is not better than vista" et autres vidéos affiliés dans YouTube




1 commentaires:
Je trouve le nouveau libé moins lisible que le figaro, plus proche du Monde à la limite.
La expand double-mega-skyscraper de Apple est une tuerie bien évidemment.
Ce post est approuvé par moi ;-)
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