Me voilà de retour à Ann Arbor! Je donnerais des nouvelles plus détaillées sur mes exams, le retour en France, 5 cm de neige à Roissy et ses conséquences...
Mais laissez moi vous raconter très briévement un instant très drôle de bureaucratie à l'américaine qui vient de m'arriver aujourd'hui. Depuis mon retour, je suis en bataille contre l'université qui me fait payer depuis le début de mon séjour une assurance santé que j'ai déjà payé en France. L'état du Michigan demande aux universités de rendre obligatoire une couverture santé devant remplir certaines conditions extrêmement précises. Il m'a donc fallu faire remplir par ma mutuelle un formulaire, un waiver, une sorte d'exemption de frais. Le problème c'est que tant que ces formalités ne sont pas réglées, l'université me bloque l'inscription aux cours du second semestre.
Après une interminable correspondance avec ma mutuelle pour obtenir ce formulaire, je reviens dans le bureau de la personne en charge avec mon précieux papier reçu dans la matinée. Quelques vérifications pour voir si mon plan correspond aux conditions de l'université ; pas de problème, dans la plupart des cas, il dépasse les demandes de l'école excepté un, la maternité! Je le regarde, un peu surpris, et lui dit, un peu embarassé, qu'il y a assez peu de chances que je tombe enceinte. Il me répond que l'université requiert cela car la loi interdit toute discrimination basée sur le sexe de la personne. Mais quelle discrimination y a il ici? Il n'y a qu'un seul cas dans le monde d'un homme ayant pu accoucher, et encore il est né biologiquement femme.
Ce cas anecdotique -ils ont accepté de me rembourser quoiqu'ils l'ont refusé à un autre étudiant d'échange répondant à toutes les conditions sauf la maternité- illustre juste un des fléaux de la société américaine (et dans une certaine mesure la société française) auquel je suis confronté chaque jour : la judiciarisation. Tout est susceptible de mener à un procès et donc tout le monde se protège et personne n'est responsable.
En sortant du bureau, je traverse le bâtiment et passe devant des toilettes unisex, une autre obligation légale. Quelques mètres plus loin, près de la porte, je vois un de ces panneaux jaunes qu'on ne voit qu'en Amérique du Nord et au McDo en France qui vous préviennent que le sol peut être mouillé et maintenant vous pouvez vous casser la gueule, vous aurez été prévenu.
Intervention lors des Rencontres Culture Numérique à la Gaîté lyrique
-
Rencontre Médiation et Numérique dans les espaces culturels : une
intervention au sujet de mon activité pour la Gaîté lyrique entre
communication instituti...
Il y a 8 mois

